Prison Heart – 2022

par Nathalie Froitier

Un film psychologique et rempli de suspense. Dans l’enfer d’une prison où les détenus sont considérés comme des animaux, un simple volatile va révéler la richesse et la beauté de l’humain.

Fin des années 1980, dans une prison de Sofia, en Bulgarie. Boris, alias « le Bohémien », se voit proposer une réduction de peine s’il parvient à rassembler une équipe efficace afin de doubler la production dans l’usine où les détenus sont priés de travailler. Motivé, Boris convainc quatre compères de se joindre à lui pour accomplir la tâche. Alors que les prisonniers se relaient afin de produire sans discontinuer, l’un d’entre eux constate un souci avec la machine sur laquelle il est affecté au moment de débuter son poste. En effet, il aperçoit un pigeon coincé dans les entrailles de l’engin, et refuse catégoriquement de reprendre le travail avant que le problème ne soit résolu…

Drame (1h55) – 2022 – Bulgarie

Réalisé par Martin Makariev

avec Alexander Sano, Vergov Julian, Hristo Shopov, Rahal Bashar

 

PRISON HEART

Vu sur Canal +, le 29 octobre 2022

Le bohémien est choisi comme chef d’une équipe de détenus pour un travail qui doit rentabiliser la production de matériaux hydraulique.

L’équipe : 5 personnes, le Hachoir, l’Aiguille, le Gitan, l’Instit et le Bohémien. 4 meurtriers et 1 violeur. On apprend un peu de leur histoire, surtout que le violeur n’en est pas un et que le hachoir a tué son frère sous l’emprise de l’alcool et son père en état de folie, il l’apprend le lendemain.

Les hommes hormis l’Instit et le Gitan (je crois), sont à prison à vie, la seule vie possible c’est celle de la prison. 

Tous les gardiens ne sont pas tendres et surtout deux colonels s’affrontent, un qui est vraiment sadique, un autre qui voit l’humain de ces hommes.

Le pigeon sauveur

Le Hachoir ne veut pas poursuivre le travail car un volatile est coincé dans la machine. Un bras de fer s’ensuit tout d’abord entre les prisonniers eux-mêmes, puis entre eux devenus solidaires et le colonel qui a décidé d’entrer de force dans l’usine et de les tuer.

Un film poétique et violent à la fois. On y trouve de la littérature, le conte du Pêcheur et du petit poisson, un roman classique de Ernest Hemingway.

À plusieurs reprises, l’intensité s’arrête à l’écoute du chant du pigeon, il rappelle qu’il est bien vivant, c’est comme une reconnaissance envers ces hommes, si rudes, le pigeon est d’une douceur incroyable.

Les hommes échangent sur la notion de l’âme, de la croyance, ils parlent comme des enfants devant faire un voeu, le pigeon est le poisson doré qui exauce les voeux. L’humanité de l’homme est espérée, un détenu surtout ne se sent pas humain. Pour lui, sauver le volatile, c’est faire le bien, et donc retrouver au moins provisoirement un peu d’humanité.

Toute la dureté, et la perversité n’est pas dans ces hommes, mais du côté de l’ordre et de la discipline, surtout un gardien (qui trouve finalement la mort) et un colonel qui n’a qu’une seule volonté, celle de tuer, au risque de tuer les gardiens.

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